- juillet 3, 2025
- tunisieagriculture
Une équipe de biologistes américains a mis au point des pommes de terre génétiquement modifié résistantes à la chaleur.

Des chercheurs américains ont testé une nouvelle approche au champ : réduire la photorespiration chez une variété de pommes de terre pour stimuler la photosynthèse. Leur étude est parue fin décembre 2024 dans la revue Global Change Biology.
Améliorer la photosynthèse
Ils ont modifié génétiquement la variété Désirée afin qu’elle suive une voie photorespiratoire plus efficace que celle des variétés classiques. Cette voie, appelée AP3, avait été mise au point en 2019 sur le tabac, une plante couramment utilisée en biologie. Les premiers essais en laboratoire avaient montré que cette modification augmentait la photosynthèse, la thermotolérance et la biomasse.
Les chercheurs ont ensuite testé la voie AP3 au champ, d’abord sur le tabac, puis sur la pomme de terre. En 2022, les plants de pomme de terre modifiés ont produit 14 à 30 % de tubercules en plus par plante. Ils ont également mieux résisté aux vagues de chaleur et affiché une photosynthèse plus active, notamment en début de saison.
une augmentation de 14 à 30 % de la masse des tubercules par plante
S’appuyant sur ces premiers résultats, l’équipe a poursuivi ses recherches en réalisant des essais sur le terrain avec des pommes de terre. « En 2022, nous avons constaté une augmentation de 14 à 30 % de la masse des tubercules par plante dans les lignées AP3 comparées aux témoins, ainsi qu’une amélioration des taux de photosynthèse et de la capacité photosynthétique après les vagues de chaleur en début de saison », précisent les chercheurs dans leur étude.
Les plantes modifiées ont montré une meilleure résistance aux vagues de chaleur que les témoins non modifiés. De plus, les augmentations de la capacité photosynthétique et de la masse des tubercules après les vagues de chaleur en début de saison étaient plus importantes que celles enregistrées lors des saisons sans vagues de chaleur. Selon les chercheurs, cet avantage en termes de rendement n’a pas compromis la qualité des tubercules.
Soja et niébé
L’équipe poursuit ses travaux sur le soja et le niébé, une légumineuse clé en Afrique subsaharienne. Ces plantes, bien qu’interdites en culture en Europe à cause des règles sur les OGM, pourraient être adoptées dans plusieurs pays du Sud.