- mai 19, 2025
- tunisieagriculture

La confirmation du tout premier cas de grippe aviaire hautement pathogène dans un élevage commercial au Brésil commence à susciter des répercussions commerciales, avec la suspension des importations de volaille brésilienne décrétée par la Chine, l’Union européenne et l’Argentine.
Le foyer a été détecté dans une ferme de production d’œufs fertiles à Montenegro, dans l’État du Rio Grande do Sul (sud), ont indiqué vendredi les autorités sanitaires brésiliennes.
Dès l’annonce du résultat, les mesures de confinement ont été activées : isolement de l’exploitation, abattage préventif des volailles, destruction des œufs, interdiction de mouvement et surveillance accrue dans un rayon de 10 kilomètres.
La Chine et l’Union européenne en tête
En réaction, la Chine a suspendu pour une durée initiale de 60 jours les achats de viande de poulet en provenance du Brésil, son principal fournisseur. L’Union européenne a également interrompu ses importations, conformément au protocole d’auto-embargo conclu avec le Brésil en cas de détection d’un foyer.
Le Brésil est le premier exportateur mondial de viande de poulet, et la Chine la première destination de ces exportations, avec plus de 562 000 tonnes en 2024. Cela représente 10,89 % des ventes brésiliennes à l’étranger, selon les données de l’Association brésilienne de protéine animale (ABPA). L’Union européenne a pour sa part importé plus de 231 000 tonnes de viande de poulet brésilien, soit 4,49 % des exportations de ce pays pour ce produit.
Le Mexique, le Chili et l’Uruguay
Le Mexique, le Chili et l’Uruguay ont tous suspendu leurs importations de viande de poulet en provenance du Brésil. En 2024, le Mexique était la huitième destination des exportations brésiliennes avec plus de 173 000 tonnes, représentant 4,2 % du total. Le Chili a importé plus de 111 000 tonnes la même année. L’Uruguay a également pris des mesures similaires, selon les autorités brésiliennes.
17 000 volailles ont été tuées par le virus ou abattues
Selon les autorités de l’État de Rio Grande do Sul, environ 17 000 volailles se trouvaient dans l’exploitation où a été identifié le foyer de grippe aviaire, où étaient produits des œufs destinés à la reproduction. La plupart ont été tuées par le virus et les autres ont été abattues. Elles ont été enterrées sur place. À titre préventif, 450 tonnes d’œufs fécondés provenant de cette ferme ont également été détruites dans l’État de Minas Gerais. En réponse, les autorités brésiliennes ont renforcé les mesures sanitaires dans la zone concernée. Le Mexique a interdit l’importation de viande de poulet, d’œufs fécondés et de poussins de moins de trois jours en provenance du Brésil.
La grippe aviaire A est apparue en 1996 en Chine, mais, depuis 2020, le nombre de foyers chez les oiseaux a bondi et un nombre croissant d’espèces de mammifères a été touché, tout comme des régions du monde jusqu’alors épargnées, comme l’Antarctique.
Aux États-Unis, plus de 30 millions de poules pondeuses ont été euthanasiées depuis le début de l’année, entraînant une pénurie d’œufs et une hausse de leurs prix.
Le Brésil, premier exportateur mondial de viande de volaille, espère ainsi contenir l’impact économique de ce premier foyer en élevage, après plusieurs cas recensés ces deux dernières années chez des oiseaux sauvages. Le pays a notifié l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et ses principaux partenaires commerciaux.
Sur le plan sanitaire, les autorités brésiliennes insistent sur l’absence de risque pour la consommation de viande de poulet et d’œufs, à condition qu’ils soient bien cuits.
Si le foyer reste isolé, les analystes jugent que les répercussions sur le marché mondial pourraient être limitées. En revanche, une généralisation des suspensions pourrait entraîner un excédent de production sur le marché intérieur, une chute des prix et un ralentissement de la production à moyen terme.
la france agricole/tap